Les Journées des écritures d’Ampus
24, 25 et 26 avril 2026
Trois jours de colloque, d’ateliers, de rencontres, de découvertes et d’échanges autour des écritures du monde, au cœur du village d’Ampus.
- Entrée libre
- Food truck sur place
- Ampus & Draguignan
Les Journées des écritures d’Ampus, organisées par le MusEc et l’association des Amis du MusEc, invitent le public à explorer la richesse des écritures à travers trois grandes thématiques : l’écriture et l’eau ; l’écriture cachée ; l’écriture et le jeu.
Pendant trois jours, chercheurs, artistes et médiateurs culturels proposent un programme mêlant colloque, ateliers participatifs, conférence et temps de rencontre, afin de faire dialoguer savoirs, pratiques et imaginaires autour des écritures du monde.
Colloque de pré-ouverture
Les thèmes retenus pour le colloque de « pré-ouverture » du Musec (24-26 avril 2026) ont pour ambition de refléter le contenu de la collection et de présenter la diversité des systèmes d’écriture existant dans le monde, tout en dégageant quelques-unes de leurs fonctions essentielles. Ainsi, quelle que soit leur histoire, toutes les écritures ont en commun de participer à une opération fondamentale, l’élaboration d’une représentation du monde indispensable à la construction et la vie de toute société. Pourtant, certaines modalités récentes de l’écriture (écritures numériques, algorithmes et IA) ne laissent de susciter de l’inquiétude. Mais sont-elles pour autant si différentes de celles qui les ont précédées ? Revenir sur cette longue de l’histoire est indispensable pour les comprendre mieux et les maîtriser. Seront abordés les thèmes suivants :
L’écriture et l’eau
L’écriture cachée
L’écriture et le jeu
Le programme détaillé par journée
L’écriture et l’eau
Un premier temps consacré aux liens entre écriture, mémoire et circulation des savoirs.
- 14h30 : Café d’accueil & 1 ère visite du bâtiment du musée.
- 15h30 -15h45 : Christian CHILLI, Florence PIZZORNI, Luc BACHELOT : Discours de bienvenue, présentation du projet du Musec (Ch. C), de la muséographie (FP), du programme du colloque (LB).
À Ampus, l’eau façonne depuis des siècles le paysage à travers rigoles, canaux et conduites, traçant de véritables lignes d’écriture dans le territoire.
Depuis les premières tablettes d’argile mésopotamiennes jusqu’au papier et aux encres, l’eau demeure un élément essentiel de la matérialité de l’écriture et de ses supports.
Ampus abrite un patrimoine aquatique exceptionnel. Rigoles, canaux et conduites forcées sillonnent le territoire de la commune en y traçant des lignes, telle une écriture. Le rapprochement n’est pas fortuit, ni même métaphorique, car on sait depuis longtemps qu’il n’est plus de paysage qui n’ait été, au cours des siècles, profondément modifié par l’activité humaine. Tous ont été marqués, dessinés, c’est-à-dire écrits si l’on tient à la plus évidente et solide définition de l’écriture qui en fait, avant toute autre considération, une marque, une trace, un dessin. À tel point que la notion d'« écriture écologique » fait désormais partie du lexique des sciences de l’environnement. Qu’on se rappelle, par ailleurs, que la généralisation de la toute première écriture, en Mésopotamie, ne fut possible que grâce à l’eau et à l’argile mélangées, nécessaires à la confection des tablettes dont la souplesse et la plasticité de la pâte facilitaient grandement la marque du calame à sa surface. L’eau demeura ensuite l’élément indispensable à la production de très nombreux autres types d’écriture. Elle servit, en effet, à produire papyrus et papiers, à traiter les peaux pour en faire des parchemins, ou encore à élaborer les encres de tous types. Pure, elle rend aussi possible l’écriture éphémère, tracée et déposée sur un support quelconque, papier, sable, terre ou pierre, mais visible durant quelques instants seulement. Ce faisant, elle engage à accorder au geste d’écriture et à l’intention une importance particulière dont seul perdure le souvenir.
- 15h45 -16h45 : Colloque - Session 1 : L’écriture et l’eau
- - Luc BACHELOT : « L’eau, de la pâte des tablettes à la création de l’univers, le modèle mésopotamien »
En Mésopotamie, l’écriture s’est développée grâce aux tablettes d’argile mêlée d’eau. Dans la mythologie, l’eau symbolise aussi l’origine et la fin de toute chose, donc le temps. En permettant de fixer les paroles et les événements, l’écriture devient ainsi un moyen de maîtriser le temps et de déterminer le destin.
On a depuis longtemps souligné ce que la généralisation de l’écriture en Mésopotamie, il y a environ cinq mille ans, dut à l’argile mélangée à l’eau. Cette dernière est, par ailleurs, au cœur des conceptions religieuses Mésopotamiennes. Selon la mythologie Mésopotamienne, elle détermine l’existence de tout être et de toute chose car elle en marque les extrêmes: son apparition et sa disparition. C’est avec l’eau que tout commence et tout finit (les déluges) : l’eau est la métaphore ou l’expression visuelle du temps. Or c’est bien là l’une des fonctions essentielles de l’écriture que de maîtriser le temps (scripta manent selon le dicton) et la possibilité de fixer un destin, c’est-à-dire ce à quoi est promis tout être. C’est ce que répètent à l’envi les mythes. Pour eux, le destin, le ME (en sumérien), n’existe que parce qu’il est écrit. D’une simple commodité pratique, l’eau, parce qu’elle peut se mélanger à l’argile, devient par l’écriture maîtrise du temps et règle le cours de toute existence.
- 16h45 -17h45 : Maxine ADEL : « Écriture et eau: fluidité, effacement et création dans la culture arabe »
Cette communication explore le lien entre l’eau et l’écriture dans la culture arabe. Symbolisant à la fois la vie et l’effacement, l’eau devient une métaphore de la création, du destin et de la mémoire, tandis que la calligraphie et la poésie traduisent cette relation par des formes et des images inspirées du mouvement de l’eau.
Cette communication explore le lien profond entre l’eau et l’écriture dans la culture arabe, de la tradition coranique à la poésie et à la calligraphie. L’eau, symbole de vie et de dissolution, est à la fois support et effacement de l’écriture, tandis que le geste d’écrire devient une métaphore de la création, du destin et de la mémoire humaine. Les textes religieux, juridiques et littéraires mettent en lumière cette tension entre permanence et impermanence, qui se prolonge dans la poésie, la chanson et la calligraphie arabe, où les lettres adoptent des formes fluides rappelant le ruissellement de l’eau. À travers des exemples exégétiques et poétiques, cette communication montre comment l’eau et l’écriture incarnent deux principes de création : l’un matériel, vivifiant la nature, l’autre immatériel, générant sens et connaissance.
- 17h45 -18h30 : Prise de parole des officiels (élus locaux) et cocktail de bienvenue.
- 18h30 - 21h00 : Apéritif dinatoire avec le public présent et les hébergeurs des chambres d’hôtes qui prendront en charge les hôtes sans moyen de locomotion pour regagner leur lieu de résidence
L’écriture cachée
Une journée centrale entre chercheurs, scientifiques et grand public et enfants autour d’ateliers participatifs, calligraphies et expérimentations.
- 9h00 : Café d'accueil
- 9h15 - 17h30 : Ateliers et stands
- - Calligraphie chinoise (Barnum)
- - Calligraphie arabe (Barnum) : 10h ; 14h et 15h30
- - Calligraphie latine (Barnum) : 10h30 ; 14h30 ; 15h30
- - Atelier enfants “Écritures invisibles” (Salle du cabinet du Dr Chilli) : 14h30 ; 16h30
- - Atelier Mediarchéo (Salle du cabinet du Dr Chilli) : 10h30 ; 11h30 et 15h30
- - Atelier participatif Malo Patron (Lavoir) de 9h15 à 17h30
- - Atelier d’écriture (Barnum) : de 14h30 à 16h30
- - Stand CNLI (salle de conférence) : Permanence de 9h15 à 17h30
Si l’écriture sert à communiquer, elle organise aussi ce qui doit rester secret : textes cryptés, inscriptions invisibles, messages réservés à certains lecteurs.
À travers les cultures et les époques, elle participe ainsi à la structuration sociale, politique et symbolique des sociétés.
L’écriture permet de communiquer. Pourtant, elle a souvent suscité un jeu qui consiste à passer de la volonté de produire un texte qui normalement doit être vu, lu et interprété au désir de le cacher. Rappelons les journaux intimes, les lettres cachées, puis parfois volées, les textes cryptés (pour des raisons diplomatiques ou militaires), les épigraphes gravées sur des parties invisibles des monuments, ou encore les écritures numériques qui ne sont jamais vues que par ceux qui les produisent. De fait, toutes les sociétés ont organisé le partage et la circulation des textes, définissant ainsi qui pouvait avoir accès à l’information et comment. Ainsi, l’écriture devint-elle, dès son apparition, l’un des instruments particulièrement efficaces de la structuration politique et sociale, comme des conceptions idéologiques censées la justifier.
Pour rendre compte de ce fonctionnement seront évoquées au cours du colloque différents objets de la collection : le rouleau mandéen, marqué d’une inscription cachée dans l’enroulement de deux feuilles de plomb et destinée à se protéger de divinités malfaisantes ; l’écriture chinoise Nushu, brodée sur des mouchoirs ou des éventails à l’usage des femmes ; les écritures cryptées par la pratique du numérique ; les palimpsestes ; les écritures que l’on cache en les mangeant (sous forme de gâteau par exemple) pour s’octroyer la puissance du message qu’elles portent.
- 9h - 12h30 : Colloque - Session 2 : L’écriture cachée
- 9h - 10h : Denis Allemand : « Communiquer pour survivre : l’enseignement de la symbiose »
Cette communication montre comment les organismes vivants communiquent entre eux grâce à des molécules, permettant l’établissement et le fonctionnement des relations de symbiose.
La symbiose est au cœur de l’évolution du vivant. L’établissement puis le fonctionnement d’une symbiose nécessite une communication précise entre les deux partenaires. À travers cette analogie, cette courte communication tentera de montrer comment le vivant a développé un moyen de communiquer entre des organismes différents à travers une large gamme de molécules
- 10h - 11h :Jean LASSEGUE : « L’écriture informatique, une nouvelle forme de mécanisme »
En partant de la citation du mathématicien A. Turing selon laquelle « Mécanisme et écriture sont presque synonymes », l'écriture informatique apparaît comme possédant au moins trois caractéristiques particulières qui la distinguent de toutes les autres formes d'écriture : elle n'a pas pour fonction de capter quelque chose d'une langue orale, elle possède des niveaux de compilation, elle opère automatiquement. Ces trois caractéristiques sont contre-intuitives et demandent à être explicitées sur des exemples.
- 10h45 - 11h : Pause café
- 11h - 11h30 : Christian CHILLI : « Le patient-palimpseste : lire, écrire, prescrire »
Dans ce futur musée dédié aux écritures, interrogeons-nous : et si la médecine était, avant tout, un art de lire et d’écrire le corps ? »
Imaginez un manuscrit ancien, usé, des lettres s’effacent, d’autres ont été surchargées, parfois oubliées, certaines pages manquent et chaque jour de nouveaux signes s’y inscrivent. Le médecin dans son exercice se trouve face à un texte aussi fluctuant : le patient. Ces inscriptions sur et dans le corps tout autant que dans l’esprit sont des signes qui, comme pour un palimpseste s’accumulent, se dissimulent, se chevauchent et s’expriment. C’est une écriture vivante, mouvante, éphémère que le médecin doit déchiffrer pour écrire à son tour, prescrire. Mais, cette écriture, comme toute autre, semble actuellement passer des mains du praticien aux algorithmes des machines (IA, aide au diagnostic, entre autres). Cette mutation sera interrogée, jetant un éclairage saisissant sur les fonctions essentielles de l’écriture.
- 11h30 - 11h20 : Florence PIZZORNI : « Manger l’écriture : la puissance du signe incarné »
Depuis l’Antiquité, dans de nombreuses cultures, on pratique la glyphophagie ou l’absorption de signes écrits pour en capter la force symbolique. Dans les monastères médiévaux, moines et moniales se nourrissaient de pain et de paroles divines, tandis qu’en Égypte ancienne, on ingérait des gâteaux de terre gravés de formules magiques pour chasser les mauvais esprits. Nous verrons que de telles pratiques sont également attestées en terre d’Islam, comme en Extrême-Orient, au Japon et en Chine, et que cette coutume dépasse partout le cadre religieux. Elle a toujours cours à notre époque et partout, expression radicale du lien que les hommes entretiennent avec le surnaturel.
- 12h30 - 14h : Food truck *
- 14h - 16h30 : Ateliers et Colloque - Session 3 : L’écriture cachée
- 14h30 - 15h : Charlotte SCHMID : « Entre pierre exposée et parole secrète, l’écriture du pouvoir d’Aśoka »
Les premiers témoignages de l’écriture en Inde apparaissent y confirmer l’importance de la transmission orale qui assura la diffusion des hymnes védiques depuis une origine aux environs du 2e millénaire avant J.-C. jusqu’à aujourd’hui. Lente à apparaître, l'écriture est de surcroît largement associée à l'impulsion d'un individu: l’empereur Aśoka. Régnant entre 268 et 232 avant notre ère, il ne fut pas nécessairement l'instigateur de la première écriture en Inde mais certainement responsable d’un usage particulier de celle-ci. Les premiers textes sont gravés à des points stratégiques de son empire. Certains sont très visibles mais d'autres, situés dans des lieux d’accès difficile, au fond de grottes, parfois très en hauteur, sont dissimulés au tout-venant. L’on se propose de s’interroger sur l’usage de ces inscriptions cachées qui oscillent entre visibilité et secret.
- 15h - 16h30 : Jean-Paul ITIÉ et Maria GOREA : « Une amulette en plomb inscrite en araméen mandéen : déroulement virtuel et lecture »
Une amulette du MUSEC d’Ampus, composée de lamelles de plomb enroulées, a été déroulée virtuellement grâce à la tomographie aux rayons X. Le texte, rédigé en mandéen, contient des formules magiques destinées à protéger une femme, notamment contre l’infertilité et les dangers de la grossesse, ainsi que son fils.
Parmi les acquisitions du MUSEC d’Ampus figure une amulette, constituée de deux lamelles enroulées sur elles-mêmes, dont l’état de conservation ne permet pas un déroulement physique. Afin de ne pas compromettre l’intégrité de l’objet et du texte qui est finement gravé sur les deux faces des lamelles, le rouleau a été déroulé virtuellement par tomographie des rayons X sur rayonnement synchrotron. Des mesures de fluorescence X ont permis d'établir que le rouleau était en plomb, inséré dans un conteneur en cuivre. Afin d'obtenir des images lisibles, une technique originale d'acquisition et de traitement des données a été utilisée.
Une fois les images obtenues, le contenu des lamelles a pu être déchiffré et transcrit. La langue du texte est l’araméen, dans une variété dialectale provenant du sud de la Mésopotamie: le mandéen. Le texte contient des invocations à caractère magique, se déployant sur un total de 140 lignes, dont 135 sont préservées. L’une des deux lamelles livre des formules magiques pour la protection d’une femme, la seconde a pour bénéficiaire son fils. Le teneur de ces amulettes est assez particulier : sur l’une d’elles, il s’agit principalement d’invocations contre l’infertilité et des problèmes pouvant survenir pendant la grossesse et l’accouchement. Parmi les démons pouvant nuire à la mère et au fœtus, une figure revient à plusieurs reprises: Yazdanduk, la Lilith. Sur la seconde lamelle, des formules appellent à la guérison et à la protection de son commanditaire.
- 18h - 19h : Conférence de Maurizio Ferraris (Musée des ATP Draguignan) : « À la lumière des nouvelles technologies, les enjeux de toutes les écritures anciennes et nouvelles ».
- 19h00 : Quartier libre
- 23h00 : Retour vers les hébergements respectifs
* Un food-truck sera présent sur place tout au long de cette journée.
L’écriture et le jeu
Dernière journée de colloque, tournée vers les thématiques ludiques de l’écriture.
- 9h00 : Café d'accueil
Toutes les traditions d’écriture ont développé des usages ludiques : calligraphies, calligrammes, rébus ou jeux typographiques qui explorent formes, signes et mises en page.
Ces pratiques révèlent le caractère créatif, conventionnel et profondément imaginatif de l’écriture, capable de multiplier les représentations du monde.
À côté du jeu du montrer-cacher du thème précédent, il en est d’autres plus légers mais non moins constants : déplacement des signes, variation des échelles de grandeur, des couleurs, des formes, des styles ou de la densité d’une mise en page, etc. Ces possibilités sollicitent spontanément, chez celui qui s’apprête à écrire, l’imagination et déclenchent naturellement le plaisir de créer, augmenté de celui de la maîtrise du geste.
Parmi la multiplicité des jeux possibles comme ceux de la calligraphie, des calligrammes, des anagrammes, des palindromes (qui peuvent se lire dans les deux sens, ex. amor-roma), des paralipomènes (juxtaposition sur un même document de textes de nature différente), de la recherche typographique, seront, durant ce colloque, évoqués la calligraphie et les écritures dont les textes prennent la forme des images, les rébus principalement en Extrême-Orient (Chine et Japon) et Moyen-Orient (Mésopotamie et Égypte).
Si un dynamisme créateur se manifeste avec tant de force dans toutes les cultures, au travers de ces jeux d’écriture, encore faut-il rendre compte de ce qui les rend possibles et révèle un des trait essentiel, indispensable donc à la manifestation de l’écriture : le caractère parfaitement conventionnel et arbitraire de l’équivalence que l’on établit entre deux domaines de nature radicalement différente : ainsi le caractère visuel et concret des signes d’écriture et celui très abstrait des contenus de pensée véhiculés par cette écriture. Or l’arbitraire d’une convention établit, par définition, la possibilité d’une convention toute autre. Tous les arbitraires sont ipso facto interchangeables. C’est ce que manifestent tous les jeux d’écriture. Raison pour laquelle l’écriture n’est pas seulement, comme on la décrit régulièrement, la restitution d’une réalité qui lui serait extérieure, elle en est une représentation, parmi d’autres possibles, une fiction mais qui pratiquement est la seule réalité à laquelle nous sommes confrontés : notre monde.
- 9h15 - 12h15 : Colloque - Session 4 : L’écriture et le jeu
- 9h - 10h : Solange CRUVEILLÉ : « Jeux d’écriture en Chine d’hier à aujourd’hui »
L’écriture chinoise possède des spécificités qui lui sont propres. Image et sens s’entremêlent, démultipliant les possibilités de jeux de graphie, à travers la souplesse des caractères, la force des traits et les effets de forme.
Longtemps apanage des taoïstes qui s’appuient sur ces variations pour créer des messages ésotériques, les jeux de graphie intègrent peu à peu le monde des lettrés puis la société dans son ensemble, avec des enjeux diplomatiques, artistiques et culturels. L’arrivée du numérique va permettre de nourrir davantage cette créativité et d’apporter du mouvement et un impact visuel plus percutant.
- 10h - 11h : Marianne Simon-Oïkawa : « La lecture comme jeu : le cas des images en écriture au Japon ».
Les images en écriture (moji-e) constituent des exemples particulièrement saisissants d’imbrication entre écriture et dessin au Japon.
Ces dessins sans prétention représentent généralement de petits personnages, réalisés à l’aide des caractères qui composent leur nom. Très populaires à l’époque d’Edo (1603-1868), ils ne sont pas toujours d’un déchiffrement aisé. C’est que leur élucidation repose sur la capacité à mobiliser des compétences de lecture et d’observation, mais aussi à déjouer les pièges tendus par les artistes : ce qui semble n’être qu’un tracé se révèle être un caractère, ce qui apparemment renvoie à un mot correspond en réalité à un autre… Frustration, déception, jubilation, abandon, le lecteur traverse ainsi tous les états d’une quête sans cesse renouvelée, pour son plus grand plaisir.
- 11h - 12h : Rina VIERS: « Le rébus dans les premiers pas des écritures en Mésopotamie, en Egypte et en Chine »
- Il s’agit de montrer comment les habitants de ces trois contrées ayant donné naissance à une écriture spécifique et longtemps utilisée ont recouru au principe du rébus. La combinaison de deux ou trois signes pictographiques a servi à écrire un nom propre ou une idée. Des exemples empruntés à ces cultures seront présentés et analysés.
- 12h15 - 13h00 : Conclusion des journées et remerciements
- 13h00 : Repas buffet sur place
- 14h30 : Départ navette Tedbus pour gare des Arcs (départ du TGV à 16h31 pour Gare de Lyon (Paris)

Un événement ouvert à tous
Ces journées sont pensées comme un moment de partage entre science, création et transmission, accessible aux passionnés d’histoire, aux curieux, aux familles et aux amateurs d’écriture sous toutes ses formes.
- Entrée libre
- Food truck sur place, le samedi 25 avril uniquement
- Ampus & Draguignan
Informations pratiques
Date
24, 25 et 26 avril 2026
Lieux
Ampus et Draguignan (Var)
Accès
Événements ouverts à tous
Restaurant
Food truck présent sur le site, le samedi 25 avril uniquement
Inscriptions disponibles en ligne sur le site du MusEc.
La politique scientifique du MusEc
Un des enjeux de la politique du Musec consiste à mettre en lumière toute la complexité et la richesse de la question de l’écriture. Il est essentiel pour cela de remettre en question un ensemble d’idées profondément enracinées dans les esprits, et notamment celle que l’écriture ne serait qu’un double de la parole. L’étude des écritures, et particulièrement celles des plus anciennes, quelles que soient les aires culturelles où elles sont apparues, enseigne au contraire que la langue n’est nullement à l’origine de l’écriture, ni son reflet, mais que toutes deux partagent un certain nombre de fonctions qui constituent les composantes indissociablement mêlées d’un même processus que l’on pourrait appeler aussi bien « langue/écriture » qu’« écriture/langue ». En effet, tout énoncé linguistique suppose nécessairement l’inscription préalable de son code et de ses règles de fonctionnement dans l’esprit et concrètement dans son substrat neuronal (le cerveau), qui est le lieu de leur élaboration, de leur façonnage : leur creuset. Pas de langage donc sans écriture et pas d’écriture sans lecture ou interprétation qui se façonne très généralement dans les mots de la langue. Sinon pourquoi écrire ?
Remettre l’ouvrage sur le métier, celui des fonctions de l’écriture, est plus que jamais nécessaire pour penser et comprendre les pratiques actuelles qu’autorisent les nouvelles technologies, comme l’écriture numérique générée par des algorithmes, qui semblent parfois échapper à toute maîtrise. L’écriture numérique pouvant coder n’importe quel autre type d’écriture rappelle, si besoin était, que malgré l’extrême diversité de ses manifestations l’écriture demeure dans chacune d’elles un équivalent symbolique universel. Que ce soit par les idéogrammes orientaux ou les alphabets de tous types, chacun de ces systèmes peut, en effet, livrer tous les contenus de pensée, tous types de texte, des plus descriptifs au plus théoriques.
Venez vivre trois jours au cœur des écritures
Participez aux ateliers proposés lors des Journées des écritures d’Ampus.
Cette préinscription nous permet d’estimer la fréquentation et d’organiser au mieux votre accueil.
Elle ne constitue pas une réservation définitive. L’entrée aux journées reste libre et gratuite.